Photo par Michele Bitetto sur Unsplash.

Cet été, je suis rentrée de vacances en Italie un peu frustrée de ne pas avoir pu m’exprimer en italien. Bien sûr, je parle assez correctement anglais pour m’en sortir, mais quand même, cela aurait eu plus de gueule de savoir parler italien. Mon amoureux avait beau me répéter les phrases clés sans arrêt, je ne les retenais pas puisque je ne comprenais pas comment elles étaient construites.

Bref, c’est comme ça que sur le trajet du retour (hey, il n’est jamais trop tard) (d’autant quand le voyage dure plus de huit heures), j’ai décidé d’apprendre l’italien ; pour que la prochaine fois, je puisse commander un Spritz avec style !

Babbel

J’ai commencé par utiliser Babbel. C’est une application mobile (ou tablette) payante, qui propose un grand nombre de langues dont l’italien.

Chaque leçon est construite sur le même schéma pour aborder à chaque fois un point de vocabulaire et de grammaire avec des exercices variés. Babbel met l’accent sur la répétion, mais en variant la forme. Au cours d’une même leçon, on va nous travailler de plusieurs manières différentes (épeler un mot, le reconnaître dans une liste, le prononcer, l’associer à un autre mot…) autour d’un même concept.

En revanche, contrairement à Duolingo, les cours me semblent mieux construits : ils suivent les niveaux de langues européens A1, A2, B1, B2… En tout cas en italien, car ce n’est hélas pas le cas de toutes les langues : l’application est beaucoup moins aboutie pour le danois par exemple (on y trouve 10 fois moins de leçons, et uniquement axées vocabulaire). (Dommage que le site ne soit pas plus explicite sur ces « détails » qui n’en sont pas, et que le tarif soit le même pour chaque langue.)

Après deux mois d’usage quasi quotidien, je trouve que la progression se fait bien : les leçons de grammaire tiennent en un seul écran et ne paraissent pas rébarbative ; et l’application propose de nombreux moyens d’ancrer les apprentissages. Elle est agréable à utiliser et on peut moduler très facilement la durée de sa session de travail (parfois deux minutes à l’arrache dans la salle d’attente, d’autres fois 15 minutes un peu plus intensives).

En effet, en plus des leçons, l’application propose un outil de révision, basé sur l’algorithme de « répétition espacée » (SM2 pour les experts en flashcards). Au début, on voit un mot/un terme régulièrement, et moins en moins souvent (tous les jours, 2 jours, 4 jours, 1 semaine, 2 semaines, 2 mois…) selon si on s’en souvient bien. C’est une méthodologie maintes fois éprouvée en apprentissage, et qui fonctionne très bien !

Enfin, il existe avec Babbel une possibilité d’être mis en relation avec de vrais professeurs, mais je n’ai pas exploré encore cette possibilité, ayant assez à faire avec le reste.

Finalement, je ne trouve que deux défaut à Babbel :

  • Les exercices de répétions ne varient jamais. Je sais très bien dire « J’ai acheté 1 litre d’huile et deux kilos d’aubergine » mais je risque d’être paumée si je voulais plutôt demander « As-tu acheté l’huile ? »
  • Il manque un espace pour retrouver facilement les leçons de grammaire. Je me suis donc acheté en complément un Bescherelle, utile quand je veux revenir sur les nuances d’une notion passée.

En résumé : Babbel est une application mobile qui coute environ 70 € l’année. L’application est agréable d’usage et permet de progresser de manière tangible, en donnant une idée de son niveau, selon les normes européennes. Elle est particulièrement adaptée aux gens qui ont des petites plages de temps devant eux (5 minutes par ci, 5 minutes par là).

Assimil

Une méthode ne me suffisait pas, j’avais aussi envie de tester le fameux Assimil. En quelques mots, Assimil propose un apprentissage « passif » : on assimile (!) en écoutant d’abord de courts dialogues (entre 30 secondes et 1 minute).

Après avoir écouté le dialogue 2 ou 3 fois, on peut ouvrir le livret associé et découvrir le texte, dans la langue originale, puis en français. Ensuite, le livret propose :

  • un exercice de compréhension orale. Ce qui est intéressant c’est qu’on entend là des variantes du premier dialogue. Ça permet de comprendre de manière implicite comment on conjugue par exemple, ou comment on formule une question.
  • un exercice de vocabulaire avec des phrases à trous.

J’aime beaucoup la première partie : écouter le dialogue et faire en quelque sorte un travail d’enquête pour essayer de comprendre ce qu’on a entendu : est-ce que je reconnais des structures de phrases, du vocabulaire, un terme ? Les bons jours, je comprends tout. Parfois, j’ai l’idée générale, mais je passe à côté de choses qui ne sont pas des détails. Parfois, je ne comprends rien tant que je n’ai pas lu le texte 😅 (mais de moins en moins 💪).

À savoir aussi que la méthode Assimil se déroule en 2 phases : les 50 premiers jours, on est totalement dans un apprentissage « passif » : on écoute et on intègre. Les 100 jours suivants (je n’y suis pas encore !), la méthode nécessite un peu plus d’investissement. Après la leçon « passive », on reprend en parallèle le livret depuis le début pour commencer à apprendre de manière active, en traduisant du français vers l’italien les dialogues des premiers jours.

En comparaison avec Babbel (où l’on déroule des écrans les uns après les autres jusqu’au petit « Bravo » final), le travail avec Assimil est moins cadré. Personne ne va vérifier combien de fois on écoute le texte, si on le lit direct en français ou en italien, si on essaye bien de répéter les phrases… À chacun/chacune de trouver sa manière de faire et son rythme. Moi, par exemple, j’apprends beaucoup en écrivant. Très vite donc, je me suis équipée d’un cahier, et j’essaye de retranscrire ce que j’entends dans le dialogue ou l’exercice de traduction.

Le gros point noir à mon sens de la méthode Assimil, c’est son côté vieux jeu. Des dialogues désuets (et soyons francs, sexistes). Par exemple, dans le dialogue « Nicola a fait les courses », on apprend à dire :

  • (voix féminine) Mon mari ne fait rien à la maison.
  • (voix masculine) Elle est vraiment mauvaise langue !
    Ou encore :
  • (voix féminine) Bravo chéri, tu as fait les courses, c’est merveilleux ! As-tu pensé à la viande ?
  • (voix masculine) Non, j’ai oublié.
    Bref, régulièrement, les scènettes pleines de stéréotypes me font grincer des dents 😬. Mais, je dois avouer qu’à force, j’y vois un avantage : se vautrer dans les clichés serait-il efficace pour faciliter la compréhension orale d’une langue étrangère ? Rien qu’au titre de la leçon, et au ton des acteurs du dialogue, je peux deviner ce qu’il se passe.

Côté tarif, la méthode (contenant le livret et les mp3) coûte 70 €. Où alors, on peut trouver le livret à 20 € sur Leboncoin et les mp3 tombés du camion 🤪.

Côté investissement en temps, cela nécessite d’être plus posé qu’avec Babbel : il faut compter entre 15 et 30 minutes par jour.

En résumé : Assimil est une méthode qui comprend un livret et des fichiers mp3. Elle demande une certaine rigueur de la part de l’élève, mais l’apprentissage est très agréable puisqu’il se fait de manière naturelle, à la manière d’un bambin qui apprend une langue en y étant exposé.

Duolingo

Je n’apprends pas actuellement l’italien avec Duolingo ; mais j’avais déjà tenté l’exercice il y a quelques années. J’en ai gardé le souvenir de passer des heures sur l’application, mais de ne rien réussi à « fixer dans ma mémoire ».

On ne peut pas le nier : l’application est très bien faite, et très addictive. Et c’est à mon sens son plus gros problème : on dirait que les concepteurs de l’application passent plus de temps à imaginer des moyens de nous retenir sur l’appli ; plutôt que de nous faire apprendre la langue 😬.

C’est aussi une des choses qui m’a fait apprécier Babbel: contrairement à Duolingo, on n’est pas poussé à utiliser l’application non-stop ! Une fois les révisions du jour faites, le bouton « Réviser » devient inactif (là où sur Duolingo, tout incite à continuer, continuer, continuer…). L’application Babbel n’encourage pas à faire trop de leçons dans la même semaine (après, cela deviendrait trop difficile de fixer en mémoire trop de nouveaux concepts).

Enfin, dernier point négatif : dans mon souvenir aussi, les exercices de Duolingo sont souvent trop faciles ; alors que les exercices de révisions de Babbel sont plus dur : oh le premier jour, quand on vient de m’expliquer le concept il y a 2 minutes, j’y arrive bien. Mais dès le lendemain, je me rends compte que j’ai souvent déjà oublié pleins de choses. Il n’est pas rare que je mette plusieurs jours à intégrer vraiment un concept !

En résumé : dans mon souvenir, l’application mobile Duolingo joue très bien son rôle de « s’amuser » mais mal « d’apprendre ». L’application est conçue pour être addictive, pas pour garder en mémoire des concepts grammaticaux.

S’exposer à la langue

Bien sûr, des leçons via application ou cahier ne suffisent pas : pour apprendre une langue, il faut la pratique, la pratiquer, et encore la pratiquer.

  • en écoutant des podcasts. Babbel en propose par exemple en italien/espagnol/anglais/… sur la culture ou l’histoire du pays. Je ne comprends pas tout, mais je sens que je progresse !
  • en regardant des séries. Personnellement, je les choisis un peu culculs : plus les personnages, la musique, les costumes, les scènes et les dialogues sont stéréotypes, plus c’est facile de suivre ! (Mais un jour, j’espère pouvoir regarder du cinéma d’auteur italien quand même !)
  • en lisant des livres trouvés en bouquinerie. Des livres pour enfants, ça passe à peu près, mais je n’ai pas encore osé essayer des romans !
  • en parlant avec des vrais gens bien sûr : il existe des programmes de Tandems mais je n’ai jamais essayé. Le DIY c’est bien aussi : en discutant avec ses amis, une bonne âme à toujours quelqu’un natif de la langue à nous présenter, et hop, on peut entamer une correspondance !
  • sur les réseaux sociaux : via les hashtags, je peux trouver sur les réseaux sociaux des comptes de gens qui ont les mêmes centres d’intérêt que moi. Ainsi, je suis abonnée à une newsletter en italien sur le féminisme intersectionnel (voilà du vocabulaire utile !), je suis des instagrammeuses qui font du vélo ou des revues de livres jeunesse et je regarde parfois les vidéos YouTube d’une jeune italienne…

Et quelques conseils

Je suis encore une newbie dans l’apprentissage autonome d’une langue, mais j’en parle beaucoup avec ma sœur qui est rodée. Voici donc quelques conseils appris sur le tas :

  • Il faut résister à l’envie de faire trop de leçons en un jour : une langue s’apprend sur le long terme, et sur le coup, ça paraît facile ; mais dès le lendemain, on se rend compte qu’on en a oublié la moitié. Apprendre une langue ne se fait pas en consommant sans modération, mais plutôt en laissant infuser petit à petit.
  • Il est important de trouver un rythme régulier mais réaliste. Théoriquement, on peut finir la méthode Assimil en 5 mois (150 jours). Personnellement, je n’arrive pas à y consacrer 30 minutes par jour, chaque jour de la semaine. Je me fixe donc l’objectif de faire au moins 4-5 leçons par semaines. Et parfois, je n’ai pas le temps car j’ai une journée très remplie. Ça n’est pas grave ! Si j’arrive à faire une révision de 3 minutes sur Babbel tant mieux ; et sinon, tant pis : je reprendrai demain.

2 commentaires sur « Quelles méthodes pour apprendre l’italien ? »

  1. Super article, merci ! Ici, la fac nous donne accès à un logiciel avec 4-5 langues, j’ai repris italien aussi (mais c’était ma LV2). Tu choisis si tu veux l’utiliser plutôt dans la vie perso ou pro… du coup, c’est pas du tout le même vocabulaire et les mêmes leçons. Je sens que je n’avais pas oublié certaines choses (la conjugaison, souvent ce qu’on répète le plus « bêtement »). Je regarde L’amie prodigieuse en VO, mais honnêtement c’est le dialecte de Naples donc c’est même pas la peine ah ah

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    1. Ah maintenant que tu le dis, au tout début de Babbel, ça demande pourquoi on veut apprendre : pour le perso ou le pro ? Mais je ne crois pas que ça change les cours, c’était plutôt dans une volonté que les gens « sachent pourquoi ils veulent apprendre la langue », pour renforcer la motivation. Et du coup, tu as pris quoi, perso j’imagine ?

      L’amie prodigieuse, bonne idée, je ne l’ai ni vu / ni lu. C’est totalement en dialecte napolitain où on peut reconnaître un peu ? Car les livres, j’ai peur de devoir attendre encore un moment pour avoir le niveau !

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